Quelques jours après le verdict du Tour de France 2018, Geraint Thomas à confirmé son état de forme du début de saison et vient de remporter le tour de France pour sa 1ère fois à 32 ans. Lui qui était un lieutenant de luxe les années précédentes sur le Tour était au dessus du lot cette année. Hormis la présence de ses principaux rivaux au tour d’Italie et qui sont arrivées ici un peu émoussés, la réussite de Thomas n’est pas seulement duent à l’absence de poisse, celle qui l’a toujours poursuivi jusqu’ici, mais par ce talent qui a été repéré sur la piste très tôt par le biais de la poursuite par équipe.

A 20 ans il est vice champion du monde de poursuite par équipe et champion d’Europe espoir. L’année qui suit et l’année d’après il devient champion du monde dans la même discipline. Pour un total de 3 titres de champion du monde de poursuite par équipe et 2 titres olympique. Tout cela à moins de 26 ans.

Mais quelles sont les qualités principales pour briller en Poursuite par Equipe ?

Attention, on parle de cyclisme sur piste et la piste ne se résume pas à former des excellents sprinteurs ! La poursuite par équipe est une épreuve de fond disputée par équipe de 4 sur une distance de 4km. Ce qui signifie un temps d’efforts légèrement sous les 4 minutes pour les meilleurs mondiaux. Les qualités nécessaires sont d’abord technique : bonne coordination à 4, bonne exécution des relais, de la gestion de la vitesse et du départ. Les qualités physique sont assez proche de le poursuite individuelle. Il est nécessaire d’avoir une excellente Vo2max (donc une excellente Puissance Aérobie Maximale (PMA)) ainsi qu’une bonne capacité anaérobie, dans la mesure où les relais sont effectués à une allure légèrement plus haute que la PMA.

Rien à voir donc avec les discipline de vitesse, du km etc… La PMA, exprimée en watts, doit avoir une valeur brute assez haute. Du fait du relief plat d’un vélodrome, il vaut mieux un coureur qui envoi 500w avec 80kg qu’un coureur qui fait 60kg et qui envoie 375w. Le ratio w/kg est le même mais s’ils sont tous les deux aérodynamique, vous devinerez aisément qui va le plus vite sur un vélodrome. On est donc en présence de coureurs assez lourds.

On travaille quoi avec la poursuite ?

Sans rentrer dans la précision, les méthodes d’entrainement sont assez similaire à la route, un bon poursuiteur doit avoir une bonne base de fond (endurance) ainsi qu’un bon travail de PMA. Celui-ci étant travaillé sur vélodrome, cela permet de pratiquer une grosse charge d’entrainement à cette intensité. Les records du monde tournent également à une cadence moyenne assez haute. Au delà des 120 trs/minute. Il est donc nécessaire d’avoir une bonne vélocité.

On a donc parlé de qualité déterminante en représentant la Vo2max. Il faut savoir que la VO2max de tout le monde progresse énormément jusqu’à ses 19 ans, ensuite elle stagne quelque peu avec une faible augmentation (1% par an) avant de baisser avant l’âge de 30 ans. Il est donc important de booster sa vo2max entre 16 et 19 ans avec d’importants travail de PMA, comme par exemple pratiquer la piste, un peu comme un certain Geraint Thomas. Rappelez-vous, il est vice champion du monde et champion d’Europe espoir de poursuite par équipe, discipline où la PMA et donc la Vo2max sont travaillées, et pas seulement depuis cette année là.

Mais sur route ça donne quoi ?

La discipline principale en cyclisme est la route, tous les coureurs qui brillent sur piste, en cyclo-cross ou en VTT sont approchées par les plus grandes équipes de route pour garnir leur effectif. On est pas champion du monde comme ça ! Le talent est présent. Pour n’importe quel cycliste qui veut briller sur route, passé les 19-20 ans, avec une PMA qui stagne, il faut travailler le seuil anaérobie afin de rapprocher celui-ci au maximum de la PMA. Contador, par exemple, a enfourché son vélo de CLM à partir de 20 ans pour travailler les longs clm. Il existe toujours des évolutions physique avec l’entrainement, y compris dans la cadence. A 25 ans il est très difficile d’apprendre à tourner les jambes à 120 tours. Geraint Thomas, il l’a déjà cette capacité. A l’inverse c’est plus simple de travailler en force pour apprendre à monter les cols. Un bon poursuiteur est un très bon rouleur dans de contre la montre. Un bon rouleur de Clm c’est un grimpeur en puissance avec plusieurs kg en moins ! Et ça, c’est la spécialité de l’équipe Sky, faire maigrir les cyclistes qu’ils engagent à gros moteur ! Si celui-ci tournait déjà très fort en arrivant chez sky, imaginez le avec un taux de masse grasse très faible, ça grimpe toujours plus vite.

La suite de la carrière de Geraint Thomas, c’est une arrivée sur la route, un poids qui baisse (on oublie la valeur brute de la PMA, il faut la meilleure valeur en w/kg pour briller sur le Tour de France au général), une cadence moyenne qui diminue et permet d’avoir la force de monter des cols et une expérience qui augmente dans la gestion d’un effort en col avec une équipe qui lisse au maximum ton effort. Cette transition ne s’adapte pas à tout le monde, d’autres coureurs ne peuvent pas maigrir autant, n’ont pas l’envie de s’entraîner des heures et des heures pour devenir un coureur par étape, ni même de passer sur route ou ne rencontrent pas les bonnes personnes.

Pourquoi lui ?

Attention, ce n’est pas donné à tout le monde de pouvoir maigrir autant sans perdre de force, mais ça semble être la qualité première de son équipe. Idem pour la récupération, on est là face à une épreuve de 3 semaines mais Geraint Thomas prouve qu’il a des capacités de récupération digne d’un vainqueur du Tour de France, et en ce qui concerne le mental, ce n’est pas Bradley Wiggins qui fera mentir le mental d’un pistard, celui-ci avouait être plus stressé lors d’une finale olympique où tout pouvait être perdu dès le départ, un faux mouvement ou une erreur sur le tableau de marche tandis qu’un tour de France se gagne sur 3 semaines.